© Maxim François

© Maxim François

© Maxim François

La Planète sauvage

Orchestre National de Jazz

musique

théâtre

cinéma

11 ans +

1:10

16 / 10 / 8 – 15 ans / 12 carte malraux

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la représentation du 20 NOV sera au tarif de 8€

ME 19 NOV 19:00

JE 20 NOV 10:00

rencontre

espace malraux

grande salle

En 1973, La Planète sauvage, fable de science-fiction imaginée par René Laloux et Roland Topor, révolutionne le genre. Dans ce film d’animation français, les êtres humains sont devenus les animaux domestiques de gigantesques créatures, les Draags. Mais la révolte gronde… En collaboration avec Julien Vella et Fred Poulet, l’Orchestre National de Jazz réinvente ce chef-d’œuvre à travers un spectacle mêlant musique, théâtre et vidéo. La B.O. culte psychédélique d’Alain Goraguer côtoie des compositions originales signées Sylvaine Hélary et Antonin Rayon aux accents jazz, électro et contemporains. Portée par une comédienne chanteuse et sept musiciens, cette version scénique de La Planète sauvage s’élève jusqu’au cosmos !

rencontre

La représentation du 20 NOV sera suivie d’une rencontre avec l’équipe artistique.

Création

Julien Vella dramaturgie, mise en scène, écriture

Sylvaine Hélary, Antonin Rayon composition
Fred Poulet vidéo

Charlotte Issaly jeu, chant, écriture
Sylvaine Hélary flûtes traversières, clavier, voix
Élodie Pasquier clarinette, clarinette basse, clavier
Antonin Rayon Fender Rhodes, Clavinet, orgue
Julien Boudart synthétiseurs, électronique, collaboration artistique
Guillaume Magne guitare électrique, voix
Benjamin Glibert basse électrique, voix
Christophe Lavergne batterie

Jeanne Daniel-Nguyen scénographie, costumes, construction

Zacharie Bouganim, Arthur Mondô lumières
Anaëlle Marsollier son
Manon Fayard direction technique

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Avec le soutien de La Fonderie, Le Mans, et du Théâtre Silvia Monfort, Paris.

 

LA PLANÈTE SAUVAGE réalisé par René Laloux
1973 Les Films Armorial – Argos Films

Remerciements aux ayants droit de René Laloux, Roland Topor et Alain Goraguer

En partenariat avec

Nommée pour quatre ans à la direction musicale de l’ONJ, la musicienne fait ses débuts sur les scènes françaises dans ses nouvelles fonctions à partir de vendredi, dans différentes villes. Avec notamment une grande soirée à la Maison de la Radio samedi. Elle se confie à Franceinfo Culture.

 

En janvier dernier, Sylvaine Hélary a succédé au guitariste Frédéric Maurin à la direction artistique de l’Orchestre national de jazz (ONJ) après six années d’un mandat dense et créatif pour ce dernier.Issue d’une formation classique, la flûtiste s’est aguerrie à l’improvisation auprès du jazzman Bernard Lubat. Soliste, compositrice, chanteuse, elle mène une carrière éclectique, sans barrières, entre jazz, rock, musique de chambre et musique contemporaine.

Pour la première fois, elle se trouve à la tête d’une structure de grand format, l’ONJ, une institution publique qui s’apprête à célébrer ses 40 ans en 2026, avec pour point d’orgue les dates des 12 et 13 juin au théâtre Silvia Monfort à Paris. Un orchestre dirigé jusque-là uniquement par des hommes. Pour Franceinfo Culture, Sylvaine Hélary exprime son ressenti au sein d’un secteur artistique qui, depuis quelques années, a enclenché sa mutation pour ne pas rester du mauvais côté de l’Histoire. Posée, lucide, pleine de gratitude, la flûtiste a présenté sur scène le 4 juin dernier à Berlin son premier programme à la tête de l’ONJWith Carla, un hommage à la pianiste américaine Carla Bley (1936-2023), lors du Festival franco-allemand Jazzdor. À compter de vendredi 12 septembre, elle part à la conquête des scènes françaises à commencer par Tours, Paris et Dijon, « impatiente, avec un peu de trac mais une grande confiance dans toute l’équipe ».

 

Franceinfo Culture : Vous êtes la première femme nommée à la direction artistique de l’ONJ depuis sa création, dans un univers musical longtemps monopolisé par les hommes. Ressentez-vous une forme de pression, un sentiment de responsabilité ?
Sylvaine Hélary : Je ne parlerais pas de pression mais de la grande question que je me pose, comme beaucoup d’amies musiciennes avec qui j’échange depuis plusieurs années. Quand on est appelée, on se dit toujours : suis-je appelée parce que je suis une femme et qu’il en faut dans les line-up ? Ou suis-je appelée parce qu’on m’aime bien ? C’est la question qui vient au départ. Mais au bout d’un moment, quand on a un peu de bouteille, on sait qu’on fait partie du paysage des musiciens et des musiciennes. Donc on est appelée, je pense, pour les bonnes raisons. Surtout après avoir échangé avec le jury au moment de présenter ma candidature. Évidemment, il ne se serait pas réduit à cette question-là même si ça a son importance à notre époque.

Par contre, je dirais plutôt que j’ai une responsabilité en endossant ce costume, en prenant cette place, de donner l’exemple à d’autres femmes qui voudraient se lancer, qui n’osent pas. J’ose espérer que ça peut donner envie de se projeter et de se dire qu’on peut être femme et se diriger vers des postes comme celui-là, défendre des musiques qu’on a envie de défendre, prendre des risques, assumer des choix.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la place des femmes dans ces musiques, et dans la culture en général, et quelle est votre expérience personnelle dans le jazz ?
Ça bouge quand même pas mal. Il y a de plus en plus de directrices de lieux, de théâtres, de compagnies qui sont mises plus en avant. Mais il y a encore pas mal de travail. Pour ma part, je n’ai jamais tant souffert que ça de ce milieu masculin. Je me suis toujours bien entourée. Puis, je fais partie des générations où il commençait à y avoir des femmes instrumentistes, donc j’avais des amies musiciennes. Mais c’est vrai qu’alors, nous n’avions pas beaucoup de femmes musiciennes en jazz – en dehors des chanteuses – en guise de références. Ce n’est pas parce qu’elles n’existaient pas, c’est plutôt qu’elles n’étaient pas forcément mises en avant. L’ONJ a mis en place à l’automne 2024 sur son site, à la fin du mandat de Frédéric Maurin, un grand dossier sur la place des femmes, les « Elles » du jazz, avec plusieurs figures de musiciennes passées ou actuelles, ainsi qu’une exposition itinérante qui vient d’être actualisée et qui sera présentée au festival D’Jazz Nevers en novembre.

Prendre la direction de l’ONJ, est-ce que c’était un rêve, un projet ancien ?
Non, pas très ancien. Je connaissais l’orchestre que j’ai suivi évidemment en tant qu’auditrice. J’avais remplacé le flûtiste Jocelyn Mienniel dans l’ONJ de Daniel Yvinec (directeur entre 2009 et 2013). C’est Frédéric Maurin qui m’a remise dans le cercle plus resserré en me demandant de composer pour le programme Rituels, puis de faire un arrangement pour Frame by Frame. Mais je ne m’étais pas du tout dit que j’allais postuler à ce type de fonction. Puis, de fil en aiguille, en réflexion, en observant la manière de travailler de Frédéric, en échangeant beaucoup avec lui, ça m’a donné confiance. Frédéric Maurin a développé plein d’axes qui m’ont parlé. Notamment tout ce qui relève de la transmission, de l’action culturelle, du spectacle pour jeune public, d’aller aussi auprès des prisons, dans les collèges… C’est des choses que j’avais développées aussi de mon côté. Donc ça me correspondait bien. C’est ce que je dis toujours : il y a dix ans, je ne l’aurais pas fait et dans dix ans, je ne sais pas où je serai ! J’ai senti que c’était le bon moment.

Comme vous venez de le dire, beaucoup de dispositifs mis en place par Frédéric Maurin sont reconduits sous votre mandature, parmi lesquels l’Orchestre des jeunes de l’ONJ. Comment s’est fait le passage de flambeau ?
Frédéric est quelqu’un qui est très accueillant. Il transmet et partage volontiers ses réflexions, qu’elles soient d’ordre général ou sur la musique. On a eu plein de discussions vraiment musicales, et ça, c’est central. J’ai pu lui poser des questions sur les manières de faire. Il est complètement au service du service public, de cet outil de l’ONJ, et il aime cet aspect-là de l’outil. Il m’a donné beaucoup de conseils. Je pense qu’il était content que j’arrive et que je n’aie pas envie de tout balayer de son projet. Parce qu’il a beaucoup œuvré pour mettre en place plein de nouvelles choses. Après, il y a des chefs qui se succèdent, on a nos signatures, nos styles différents. Mais on éprouvait une envie commune d’affirmer l’ONJ encore plus comme une structure, une entité, une valeur sûre, un lieu de partage de musique et de créations qui peuvent être exigeantes, mais en même temps accessibles.

 

Qu’est-ce que vous avez envie de défendre durant votre mandat ?
Nous vivons une époque où c’est compliqué pour tout le monde dans le paysage, et notamment pour les orchestres de grand format. Je me dis qu’on a un endroit où on doit défendre la musique de création en grand ensemble. L’ONJ a été créé aussi pour ça. Il ne faut pas qu’on baisse les bras, parce qu’autrement, on va être réduit à faire des solos, des duos, des trios… Or c’est bien aussi, les grandes formes, ça permet plein de choses. Donc il faut défendre cela, avoir une vision, emmener l’orchestre plus loin, et surtout s’ouvrir et le faire rayonner auprès du plus de monde possible. Ça veut dire casser les frontières, dont celles de style. J’aime toucher à plein de types de musique.

De plus, je suis ravie de pouvoir contribuer à casser l’image de la flûte ! Souvent, à la fin des concerts, des gens viennent me dire : « Je ne pensais pas qu’on pouvait faire tout ça avec cet instrument. » C’est aussi un combat pour moi de faire changer les imaginaires, et que les gens ne pensent pas : « Ah, la flûte c’est classique et c’est la petite mélodie gentille. » Or la flûte, c’est aussi Les Oiseaux de Messiaen, Roland Kirk, Eric Dolphy, Jethro Tull, beaucoup de rock des années 70 !

Qu’est-ce qui est le plus excitant, passionnant, dans vos nouvelles fonctions ?
C’est quand on se retrouve enfin pour répéter. Il y a d’abord les phases de préparation : caler les répétitions, monter les programmes. Mais dès qu’on commence à répéter… Je ne dirais pas que c’est plus fort que le premier concert, mais il n’empêche que les premières répétitions pour moi, c’est vraiment très émouvant. Je me dis : ça y est, on y est, on se met au travail tous ensemble, et ça prend consistance. C’est un des moments que je trouve le plus passionnant, le plus excitant de la vie. Ensuite, il y a le fait de rêver aux projets. Bien que je sois très occupée, c’est assez confortable dans le sens où je peux prendre le temps d’anticiper, de rêver aux choses. J’ai vraiment de la chance et j’essaie d’en faire profiter au maximum tout le monde. Ce qui est réjouissant aussi, c’est de réunir des gens. Mais je ne peux pas prendre tout le monde dans l’orchestre, c’est le plus frustrant !

Présentez-nous le premier programme de votre mandat, With Carla.
On l’a concocté avec le saxophoniste Rémi Sciuto qui signe la majeure partie des arrangements. On a sélectionné ensemble les morceaux de Carla Bley. Le programme, qui est instrumental, comporte aussi deux morceaux chantés. J’avais envie d’honorer la musique de Carla Bley ainsi que cette femme, cette personnalité unique et attachante. Bien que je ne l’aie jamais rencontrée, ni vue sur scène, j’ai lu tellement de choses et j’en ai beaucoup entendu parler depuis que j’ai monté le projet. Je pense c’était une très belle personne. Et j’adore sa musique, son côté faussement simple. Il y a quelque chose un peu « musique illustrative », des mélodies qu’on peut retenir et qui nous restent longtemps dans la tête. Mais en même temps, quand on met le nez dans les partitions, c’est loin d’être aussi simpliste ! Et puis il y a de l’humour, c’est vivant, parfois assez drôle rythmiquement. J’avais envie de prolonger sa musique parce qu’elle est décédée il y a presque deux ans. C’est aussi pour continuer à la faire connaître, car même si elle est renommée dans le milieu du jazz, elle pourrait être plus connue encore, au-delà… Je n’ai pas voulu un hommage qui soit figé, « musée ». Ce qui m’a guidée, c’est de me dire :si elle nous écoutait, est-ce qu’elle sourirait, est-ce qu’elle serait heureuse de voir qu’il y a d’autres gens qui s’emparent de sa musique et qui la font vivre ? C’est de la musique vivante !

 

Parmi les choses mises en place par Frédéric Maurin et reconduites avec votre prise de fonction, figure la création pour jeune public. Avec un premier programme, La Planète Sauvage, annoncé pour novembre…
Ce film de René Laloux est le premier film d’animation primé au Festival de Cannes, en 1973. Ce qui lui a permis d’être projeté aux États-Unis et de voyager dans pas mal de pays. Ça fait tellement longtemps, une dizaine d’années, que je veux faire quelque chose autour de ce film ! Mais je n’y arrivais pas, ce n’était pas le bon moment, ou je n’avais pas la bonne équipe. Et je n’avais pas envie de faire simplement un ciné-concert, avec la musique reproduite à l’identique et le film projeté… Je suis très contente parce que j’ai l’occasion de réunir toute une équipe, avec du théâtre et de la vidéo, pour inventer un objet et réfléchir à ce qu’on veut en dire aujourd’hui, de cette Planète sauvage. Il y a plein d’échos avec notre époque. C’est pour ça aussi que je suis ravie de pouvoir l’adresser aux plus jeunes. C’est pour un public à partir de 10 ans, et je voudrais toucher plutôt les collégiens. J’avais lu une interview de Miyazaki qui disait que son film culte, sa référence, c’était La Planète sauvage et qu’il en faisait des citations dans tous ses dessins animés. C’est une animation très différente des techniques de maintenant. Je trouve ça bien, d’un point de vue historique, de montrer ce film, c’est un patrimoine français.

 

 

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