Le Sommet

Christoph Marthaler

théâtre

14 ans +

1:50

25 / 12 / 8 – 15 ans / 19 carte malraux

ME 11 MARS 20:00

JE 12 MARS 20:00

VE 13 MARS 20:00

espace malraux

grande salle

Christoph Marthaler est incontestablement l’un des plus grands noms du théâtre européen. Sa dernière création, comme toujours pleine d’humour, réunit en haut d’une montagne six personnages. Ils sont en charge de la préparation d’une conférence internationale au sommet. Ils parlent français, italien, allemand ou anglais. Dans ce contexte très incertain et multilingue, où l’on ne sait pas toujours comment s’organiser, les situations burlesques se multiplient, portées par la musique et les chansons. Avec ce « sommet au sommet » teinté d’absurde, animé de réunions publiques, d’échanges privés et de stratégies secrètes, le metteur en scène suisse pose un regard facétieux sur la diplomatie et le pouvoir. Même si les décisions à venir sont souvent déjà prises, Le Sommet nous fait voir le monde de manière vertigineuse, sans promettre de redescendre…

G7 ou Jet set ? Christophe Marthaler réunit des puissants, anonymes et burlesques, lors d’un Sommet où rien ne va. Dans une ambiance de chalet alpin, les lois de l’absurde chères au metteur en scène suisse-allemand mettent à nu la vacuité et l’isolement des «grands de ce monde.

Aïnhoa Jean-Calmettes, MOUVEMENT

Le grand metteur en scène zurichois offre un spectacle envoûtant et drôle en forme de manuel de survie par temps de catastrophe.
Le Temps

Pour notre plus grand bonheur, le metteur en scène suisse est de retour sur les routes françaises et européennes, et livre une savoureuse et malicieuse satire sur la vacuité intellectuelle et humaine des élites.
Scèneweb

Né à Erlenbach, dans le canton de Zurich, Christoph Marthaler est d’abord hautboïste et flûtiste avant d’intégrer l’école de théâtre de Jacques Lecoq dans l’après-mai 68 à Paris.

 

Ses premiers spectacles, à Zurich, à Bâle puis à la Volksbuhne de Berlin dirigée alors par Frank Castorf, renouvellent profondément le théâtre musical. Ses mises en scène sont bientôt présentées dans les festivals d’Europe, puis dans les grandes maisons d’opéra. Il dirige le Schauspielhaus de Zurich de 2000 à 2004.

 

Avec les scénographes Anna Viebrock ou Duri Bischoff, les dramaturges Stephanie Carp ou Malte Ubenhauf et quelques fidèles interprètes aussi bien acteurs, chanteurs que musiciens, il développe une esthétique du dérisoire, ancrée dans des décors du quotidien et l’histoire suisse. Par la lenteur, l’ironie et le décalage, sa poésie scénique, musicale et chorale doit autant à dada qu’à Schubert ou John Cage.

 

À Vidy, il présente King Size et Das Weisse vom Ei (Une île flottante) en 2014, et Tiefer Schweb en 2018. Il aurait dû présenter également sa dernière création Das Weinen (Das Wähnen) [Pleurer. Imaginer] d’après Dieter Roth à l’automne 2020, annulée en raison de la pandémie.

 

En 2021, il crée Aucune idée à Vidy.
 

Coproduction

Création

Christoph Marthaler conception et mise en scène
Malte Ubenauf dramaturgie

Liliana Benini, Charlotte Clamens, Raphael Clamer, Federica Fracassi, Lukas Metzenbauer, Graham F. Valentine jeu

Duri Bischoff scénographie
Sara Kittelmann costumes
Pia Norberg maquillage et perruques
Laurent Junod lumière
Charlotte Constant son
Éric Vautrin collaboration à la dramaturgie
Giulia Rumasuglia assistanat à la mise en scène
Bendix Dethleffsen, Dominique Tille répétiteurs musicaux
Louis Rebetez stagiaire à la mise en scène
Marion Caillaud, Tristan Pannatier production
Théâtre Vidy-Lausanne accessoires et construction du décor
Véronique Kespi, Guillaume Zemor régie générale
Mathieu Pegoraro régie plateau
Jean-Luc Mutrux régie lumière
Charlotte Constant régie son
Cécile Delanoë habilleuse

-

Production
Théâtre Vidy-Lausanne
Piccolo Teatro di Milano – Teatro d’Europa
MC93 – Maison de la culture de Seine-Saint-Denis

Coproduction
Bonlieu Scène nationale Annecy / Ruhrfestspiele Recklinghausen / Les Théâtres de la Ville de Luxembourg / Festival d’Automne à Paris / Théâtre National Populaire de Villeurbanne / Festival d’Avignon / Maillon Théâtre de Strasbourg – Scène européenne / Malraux scène nationale Chambéry Savoie / Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon / tnba – Théâtre national Bordeaux Aquitaine / International Summer Festival Kampnagel
 
Dans le cadre du Projet Interreg franco-suisse n 20919 – LACS – Annecy-Chambéry-Besançon-Genève-Lausanne

Présentation

Invité par une production tri-nationale (Lausanne, Milan, Bobigny), Christoph Marthaler rassemble des interprètes de différents pays dans un chalet de montagne – ou serait-ce un refuge ? ou un bunker ? – conçu par le scénographe Duri Bischoff, littéralement accroché en haut d’une montagne. Ils et elles parlent italien, allemand, anglais (d’Écosse) et français. Se comprennent-ils ? Ce n’est pas évident. Comme souvent, la réalité concrète de la production, son lieu et son époque, forment la matière sur lequel le théâtre de Marthaler prend forme. À ce qu’il semble, ces alpinistes d’un genre particulier préparent un sommet au sommet. Il se trouve en effet que dans plusieurs langues européennes, un sommet peut être autant une réunion au plus haut niveau, le point culminant d’une montagne comme le summum, la perfection atteinte, être au top. Les six interprètes de ce sommet se retrouvent donc dans un chalet – ou serait-ce un baraquement, ou un refuge ? – littéralement posé au sommet d’une montagne. Nul ne sait s’ils sont réfugiés, cachés, si ce sont des politiques préparant à l’écart un événement d’importance ou des VIP qui s’isolent d’un monde en désordre. Mais une fois arrivés au sommet, où vont-ils ? Loin de tout cynisme, avec entrain et en musique, une prise de hauteur bienvenue et un sens confirmé de l’absurde, il est possible qu’ils et elles trouvent ce qu’ils et elles ne cherchaient pas. À l’image d’une Europe qui se cherche, nul doute qu’un sommet sera atteint, même si les chemins pour y parvenir s’annoncent quelque peu inattendus. Une nouvelle comédie par le grand metteur en scène suisse, rénovateur amusé et caustique du théâtre musical, Christoph Marthaler.

 

Éric Vautrin, dramaturge du Théâtre Vidy-Lausanne

 

 

Au sujet du processus de création

Je ne peux pas rester à la maison, composer une pièce et venir en répétition pour dire à chacun ce qu’il doit faire. Nous travaillons ensemble. C’est très important. Nous avons la grande chance d’avoir la possibilité de travailler avec des gens merveilleux, qui ne me regardent pas en me demandant « Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? »… Nous cherchons ensemble. Je travaille avec des personnes que je connais pour certaines depuis très longtemps, et d’autres que j’ai rencontré récemment. Chacun·e apporte des idées. La meilleure chose au théâtre, c’est de voir toutes ces professions qui travaillent ensemble. Aucune n’est plus importante que l’autre. Les acteurs en scène, mais aussi tous les autres, derrière la scène ou pendant les répétitions, participent à cette recherche. C’est ce que j’aime. Dans Le Sommet, il y a ces six personnages réunis dans cette sorte de refuge qui se retrouvent isolés. Cet isolement se produit de nos jours de plus en plus souvent, où que ce soit. Ces personnes échangent, se comprennent ou ne se comprennent pas. J’ai toujours joué avec les langues, avec le sens et l’absence de sens. Toutefois, j’ai le sentiment que la réalité a fini par me rattraper : le monde d’aujourd’hui a multiplié les isolements. Il est tellement divisé que le sens a éclaté. Dans notre « sommet », je reconnais quelque chose d’une humanité qui devrait échanger mais n’y parvient pas.

 

Christoph Marthaler

Texte extrait de « Là-haut, sur la montagne… » : une conversation entre Christoph Marthaler, Malte Ubenauf et Éric Vautrin tenue au théâtre de Vidy à Lausanne deux semaines avant la première représentation (en mai 2025).

Christoph Marthaler

Né à Erlenbach, dans le canton de Zurich, Christoph Marthaler est d’abord hautboïste et flûtiste avant d’intégrer l’école de théâtre de Jacques Lecoq dans l’après-mai 68 à Paris. Ses premiers spectacles, à Zurich, à Bâle puis à la Volksbuhne de Berlin dirigée alors par Frank Castorf, renouvellent profondément le théâtre musical. Ses mises en scène sont bientôt présentées dans les festivals d’Europe, puis dans les grandes maisons d’opéra. Il dirige le Schauspielhaus de Zurich de 2000 à 2004. Avec les scénographes Anna Viebrock ou Duri Bischoff, les dramaturges Stefanie Carp ou Malte Ubenauf et quelques fidèles interprètes aussi bien acteurs, chanteurs que musiciens, il développe une esthétique du dérisoire, ancrée dans des décors du quotidien et l’histoire suisse. Par la lenteur, l’ironie et le décalage, sa poésie scénique, musicale et chorale doit autant à dada qu’à Schubert ou John Cage. À Vidy, il présente King Size et Das Weisse vom Ei (Une île flottante) en 2014, et Tiefer Schweb en 2018. Il aurait dû présenter également sa création Das Weinen (Das Wähnen) [Pleurer. Imaginer] d’après Dieter Roth à l’automne 2020, annulée en raison de la pandémie. En 2021, il y crée Aucune idée.